Le pire n'est jamais sûr ! La pluie martelait encore le toit du camping-car quand nous avons émergé, accréditant les prévisions météorologiques apocalyptiques d'hier. De façon surprenante, les éléments se sont calmés peu après et nous avons eu une très belle et chaude journée.
Nous avons passé l'essentiel de la matinée dans un équipement récréatif pour jeunes et moins jeunes, Puzzling World à Wanaka : un univers consacré aux illusions optiques et sensorielles façon Escher. Le concept a été lancé par un jeune couple d'originaux en 1973 et s'est développé progressivement. Il a déjà reçu 3 millions de visiteurs, en accueille actuellement 160 000 par an et le maximum a été de 2 242 en une seule journée. Des franchises ont été créées au Japon et aux Etats-Unis. Une vraie "success story".
Il s'ouvre sur un couloir où sont rassemblés de nombreux hologrammes originaux. La seconde pièce, sans ouverture sur l'extérieur, n'est pas idéale pour ceux qui sont en butte, comme moi, à des problèmes d'équilibre, car sa pente est de 15° alors que les meubles sont à des inclinaisons variables. On perd tout sens de l'équilibre... Même Olivier accusait un fort tangage. La troisième crée l'illusion de deux portes d'entrée et de sortie de même taille, alors qu'il faut se courber pour emprunter la seconde. Même les toilettes sont décorées pour donner l'illusion qu'elles sont en train de s'effondrer et que l'utilisateur est au bord d'un précipice. D'autres reproduisent des toilettes à la romaine... Une pièce rassemble 168 portraits de personnages célèbres (Mère Theresa, Einstein, Churchill, Lincoln...) pouvant à la fois être vus en relief ou en creux selon une illusion optique. Une autre galerie réunit des sculptures aux effets optiques insolites.
| les premiers travaux pratiques sur les illusions optiques... |
| la même vue sous un autrre angle ... |
Le clou est un labyrinthe diabolique, paraît il le plus grand au monde (et qui plus est en 3d : il comprend des ponts...). Le défi est de se rendre, dans le temps le plus court possible, dans quatre tours différentes situées aux quatre angles (une rouge, une jaune, une verte, une bleue) et... de retrouver la sortie ! Le record de 20' a été, paraît-il, établi par un homme qui est venu plusieurs jours de suite pour s'entraîner. Habituellement, il faut entre 30' et une heure et demie pour relever le défi. Le dédale totalise 1,5 km, mais les visiteurs parcourent en moyenne entre 3 et 5 km et effectuent environ 3 000 pas ! Nous n'avons pas compté nos pas, mais l'un et l'autre avons atteint les quatre tours en 30 minutes chacun dans un ordre différent, mais Olivier a été plus rapide que moi pour retrouver la sortie (5' contre 15').
Après une pause casse-croûte sur place dans notre camping-car, nous sommes partis à 14 heures à l'assaut du Mont Iron qui domine la ville. Nous avons "bouclé la boucle" de 4,5 km, qui passe par le sommet, en une heure et demie. Là encore, la pente est raide. Le mont se présente comme un éperon rocheux de 240 mètres. On a peine à imaginer qu'à l'évoque glaciaire, mille mètres de glace le recouvraient ! Le début du parcours m'a rappelé un peu, par la végétation (des buissons d'épineux clairsemés), la région de Siby au Mali. Du sommet, on jouit d'un panorama exceptionnel sur les lacs Wanaka et Hawea, les vallées de la Cardrona et de la Haute Clutha, et les pics environnants. La plupart d'entre eux font partie du Mount Aspirine National Park. On mesure bien aussi l'étendue de la ville qui n'a aucun immeuble et on comprend qu'elle n'a visiblement aucun problème d'espace qui limiterait son développement.
Nous nous sommes résignés à prendre la route de la Côte Ouest en sachant pertinemment que le miracle d'aujourd'hui ne se renouvellerait pas et que nous y trouverions la pluie. Cela n'a pas manqué. Après avoir longé sur notre droite le lac Hawea et avoir retrouvé un peu plus loin, sur notre gauche, l'extrémité du lac Wanaka, nous avons "essuyé" les premières gouttes de pluie.
Quand nous avons atteint vers 17 heures 30 Makarora, ville étape sur la route 6, à 65 km de Wanaka, en bordure du Mount Aspiring National Park, elle s'était mue en "heavy rain", celle qui nous était promise depuis plus de vingt-quatre heures ! Nous avons décidé de nous arrêter dans le camp à l'entrée de la ville, le Makarora Tourist Center Limited, disposant de tous les services, et avons passé la fin de l'après-midi, au chaud, bien à l'abri, dans un confortable canapé du café-restaurant qui bénéficiait de l'indispensable liaison wifi pour mettre à jour le blog, en dégustant une bonne bière pression.
Incroyable ce parc d’attraction!
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