Dimanche 14 février 2016 (Maitai Bay / Pahi)

Profitant de la proximité de la plage, nous étions dans l'eau dès 7 heures et demie et étions évidemment les seuls. Non seulement l'heure était matinale pour la plupart des campeurs, mais le temps n'était pas non plus très incitatif. Le ciel était encore très couvert, après une nouvelle averse au petit matin.

Ragaillardis par le bain, une bonne douche chaude et un petit-déjeuner consistant, nous avons pris la route une heure plus tard pour notre dernière véritable journée de découverte touristique de la Nouvelle-Zélande.



Privés de liaison wifi hier soir, nous avons fait une première pause internet à Kaitaia, à une quarantaine de kilomètres au sud de Maitai Bay, ne serait-ce que pour mettre à jour le blog et télécharger Le Monde.

Nous avons fait une seconde pause pour pique-niquer dans le Two Ponga Park à Okaihau, avant d'arriver à Kaikohe. C'est l'occasion d'une petite digression pour noter le souci qu'ont les Néo-Zélandais, sur l'ensemble du territoire que nous avons parcouru, de ménager des aires de repos et de pique-nique, même dans des petits villages ou en pleine nature, dotées de tables, de bancs, de toilettes quotidiennement entretenues et de poubelles régulièrement vidées. C'est bien pratique.

Nous avons rattrapé la côte à hauteur des localités jumelles d'Opononi et d'Omapere qui font face de l'autre côté d'un isthme à un territoire ayant la forme d'un triangle équilatéral de quinze kilomètres de côté, dont deux sont maritimes, sans accès routier, totalement sauvage, et pour l'essentiel couvert de hautes dunes superbes.


 Le thermomètre flirtait avec les 30°c, quand nous avons fait la balade qui mène à un promontoire qui ferme l'isthme, offre un point de vue splendide sur quatre côtes et sur la principale dune, son pendant de l'autre côté.



la végétation qui recouvre les chemins offre une ombre bienvenue...


Nous avons continué à "descendre" la route 12 jusqu'à la Waipua Forest, une forêt aussi composite que toutes celles que nous avons vues au cours de notre séjour, mais où les kauris sont en nombre plus important, et pas n'importe lesquels. On peut y observer ceux qui sont considérés comme les plus vieux (jusqu'à 2 000 ans !), les plus hauts, les plus larges et les plus volumineux. Nous avons vu trois phénomènes. Le premier est "Tane Mahuta, le Seigneur de la forêt". Son seul tronc mesure 17,7 mètres de haut et avec les branches, l'arbre en fait 51,5. Dans la cosmogonie maorie, Tane est le fils du dieu de Ciel Ranginui et de la déesse de la Terre, Papatuanuku. Tane est celui qui donne la vie. Toutes les créatures sont ses enfants. Le second phénomène est un bouquet inédit de quatre kauris, appelés les Quatre Sœurs, qui dressent fièrement leurs troncs à partir d'une base commune. Enfin, le dernier, Te Matua Ngaere, est le second kauri recensé par le volume de bois. Bien qu'il ait souffert des usures du temps, son tronc reste énorme.

Christian parait bien petit au pied de ce géant !








Autrefois surexploités (une ville comme Kohukohu a connu un âge d'or avant la Première Guerre mondiale grâce au commerce du bois des kauris abattus dans toute la région), les kauris qui subsistent dans le secteur font l'objet de mille attentions : des circuits bien balisés avec des centaines de mètres de caillebotis permettent de s'approcher des plus remarquables sans risque de leur causer des dommages directs ou indirects ; le visiteur est prié de désinfecter les semelles de ses chaussures avant de se lancer sur ces pistes afin de lutter contre la propagation d'une maladie qui les affecte ; de nombreux écriteaux rappellent que les racines nourricières de ces arbres gigantesques, comme peuvent l'être des séquoias en Californie ou des baobabs en Afrique, sont fragiles.


Après avoir passé un bon moment à admirer ces géants de la forêt et avoir essayé de les faire entrer dans le viseur des appareils photos (pas évident du tout !), nous avons parcouru un dernier tronçon d'une centaine de kilomètres pour atteindre Pahi, un village dont la baie sert d'ancrage à des petits bateaux de plaisance. Nous nous sommes installés pour notre dernière nuit sur son campground aménagé au bord de l'eau, alors que la lumière rasante du soleil couchant éclairait la rive opposée, vallonnée.



Nous avons dîné à côté d'un arbre, lui-même impressionnant, un fig tree (ficus macrophylla) atteignant une envergure de 51 mètres, une hauteur de 25,7 mètres et un diamètre de 14,8 mètres et doté d'énormes racines, véritables tentacules. Il est supposé avoir été planté avant 1840. Parmi les souvenirs les plus marquants que nous garderons de la Nouvelle-Zelande, les arbres occuperont assurément une place importante...




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