De grosses averses tombaient par intermittence, lorsque nous avons fait les ultimes vidanges, le 15, avant de prendre la route et commencé le nettoyage intérieur du camping-car. Nous avons renoncé à "faire du tourisme", notamment à faire un détour pour voir le musée des kauris ou un point de vue signalé sur une côte découpée, non que nous soyons blasés, mais simplement un peu saturés de route. J'appréhendais aussi la circulation dans l'agglomération d'Auckland.
Nous avons rejoint directement l'ancienne capitale, après avoir déjeuné une dernière fois dans notre motorhome à Wellsford pour finir les restes. Nous avons quand même suivi la route côtière plus pittoresque via Orewa, de préférence au motorway à péage pris à l'aller, d'autant que la procédure de paiement via Internet fait perdre pas mal de temps.
La galère a été à la hauteur de mes craintes. Nous avons sillonné Auckland, pris dans le trafic d'une agglomération d'un million d'habitants. Il a fallu déposer les valises dans notre apart'hôtel au centre ville (!), puis retourner dans la banlieue pour faire le plein de carburant, trouver un car wash, nettoyer le véhicule extérieurement et finir l'intérieur, chercher en vain une station pour compléter la bonbonne de gaz et se rendre à l'agence Jucy près de l'aéroport.
J'avoue que c'est avec soulagement que j'ai coupé, à 17 heures 30, une dernière fois le contact du camping-car, après avoir parcouru 7 123 km ! Je vivais, surtout depuis l'incident de Riverton, dans la hantise d'un accident sur les routes de Nouvelle-Zélande, souvent dangereuses en raison de leur étroitesse et en tout état de cause inadaptées aux véhicules larges. Au soulagement a succédé un peu d'inquiétude, quand Olivier m'a appris que l'expertise de l'état du véhicule ne serait pas contradictoire, mais aurait lieu demain unilatéralement ! Nous aurons donc une épée de Damoclès sur la tête jusqu'à réception d'un courriel de la compagnie et n'avons toujours aucune idée du coût de la réparation de la vitre et du déflecteur...
Carolyn Gubb, la sœur de notre ami Matthew décédé il y a deux ans, est venue nous chercher à l'agence et nous a fait découvrir un restaurant visiblement à la mode, Ostro, qui donne sur le port d'Auckland. C'était intéressant de rencontrer une autochtone pour évoquer la vie politique et la situation économique du pays lancé dans une politique migratoire (en direction des pays d'Asie surtout), qui s'assimile à une fuite en avant, puisqu'il s'agit de soutenir l'économie via la construction et l'immobilier...
Un message de France nous a appris qu'il y avait eu un séisme en Nouvelle-Zélande ! Renseignement pris, il y en a bien eu un, de magnitude 5,8, au large de Christchurch. La ville a tremblé. C'est un traumatisme pour les habitants qui ont le souvenir du tremblement de terre de 2011. Les bâtiments ont résisté. Il n'y a eu ni tsunami, ni victimes apparemment.
C'est seulement le lendemain, le 16 février, avant d'aller prendre notre vol pour Nouméa, que nous avons pu nous promener à pied une bonne heure dans le centre ville, pour nous en faire une idée et apprécier le mélange des styles architecturaux. À tout prendre, je crois qu'au quotidien, nous préférerions tous deux vivre à Wellington, une ville à taille plus humaine...
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