Grâce à nos voisins de campement, un couple âgé de campeurs néo-zélandais, j'ai pu enfin mettre un nom sur l'arbre qui me fascinait depuis mon arrivée sur l'Île du Nord, où il règne en maître, le pohutukawa (Metrosideros excelsa), un arbre de la famille des Myrtaceae. On le voit parfois développer ses branches noueuses, seul au milieu d'un pâturage ou s'accrocher au bord d'une falaise. Il est connu comme l'arbre de Noël de Nouvelle-Zélande, d'où il est originaire, pas tellement pour son feuillage ou sa forme tarabiscotée, mais parce qu'il produit des masses de fleurs rouges en pointes brillantes, réunies en cymes terminales, avec des étamines colorées apparentes, de novembre à janvier, avec un pic mi-décembre. Je regrette de ne pas l'avoir vu en pleine floraison.
Il existe des variations entre les individus en ce qui concerne le moment de la floraison ou bien la couleur de la fleur. On note des dérives génétiques dans des populations isolées : beaucoup d'arbres autour des lacs de la région de Rotorua produisent des fleurs roses, et le cultivar à fleur jaune « Aurea » descend d'une paire découverte en 1940 sur l'Ile Motiti dans la Bay of Plenty.
Le pohutukawa est sous la menace du fameux possum, cet animal introduit en 1837, pour faire le commerce de sa fourrure, un marsupiaux connu en français sous le nom de phalanger renard. Il dépouille l'arbre de ses feuilles.
Le pohutukawa a été indroduit dans d'autres pays possédant un climat doux à chaud, notamment dans le Sud-Est de l'Australie. Il s'est naturalisé sur l'Ile de Norfolk ainsi que près des falaises côtières dans la région de Sydney. Sur les côtes californiennes, c'est un arbre populaire que l'on retrouve le long des rues et dans les pelouses. Dans certaines parties de l'Afrique du Sud, le pojutukawa croit tellement bien qu'il est considéré comme une espèce invasive.
Nos voisins nous ont aussi expliqué que beaucoup d'arbres et de plantes s'acclimataient facilement en Nouvelle-Zélande en raison de l'abondance des rayons ultra-violets, la couche d'ozone étant plus mince qu'ailleurs.
Après la mise en ligne d'une nouvelle journée sur le blog (4 février !), nous avons réussi à partir vers 11 heures. Nous avons fait un tour du côté de Puriri Bay sur la presqu'île que nous voyions depuis notre campement. Nous avons renoncé à une randonnée d'une heure dans le secteur pour préserver mon genou qui n'était pas vaillant aujourd'hui. L'heure du déjeuner ayant sonné, nous avons déplié table et fauteuils en bord de mer, sous les ombrages. Nous étions les "rois du monde" dans ce petit coin de paradis. Une mouette qui avait repéré l'arrivée de bienfaiteurs, ne nous a pas quitté et a défendu bec et ongle son pré-carré contre les intrus. Nous lui avons jeté un peu de pain. Elle s'en est aussitôt saisi et a pris soin de le tremper dans l'eau pour le ramollir avant de le manger. Pas bête !
Comme hier, l'itinéraire côtier fait penser à des montagnes russes. La route tournicote et ne fait que monter et descendre. Nous avons vu ainsi défiler un certain nombre de sites, Taupiri Bay, Parékura, Te Uenga, Waitoro avant de nous arrêter à un point de vue qu'on a sur la Bay of Islands depuis Flagstaff Hill, un lieu emblématique des premières relations difficiles entre Maoris de Ngapuhiiwi et colons britanniques, au nord du petit village de Russell.
Nous avons poussé jusqu'à Tapeka Point, un village sur une petite presqu'île rocheuse, où de nombreuses grosses fortunes se sont fait construire des villas disposant de vues imprenables sur la mer. Une marche d'une petite heure aller-retour permet de monter sur un promontoire d'où l'on a une des plus belles vues sur la Bay of Islands, sa côté très découpée, ses îlots épars, sa mer d'un bleu soutenu. De notre position élevée, nous avons eu tout loisir pour observer les jeux aquatiques de dauphins se donnant en spectacle autour de petites embarcations de touristes.
Nous avons repris notre route. À la diversité des paysages vus depuis notre arrivée en Nouvelle-Zélande, nous pouvons ajouter depuis aujourd'hui, la mangrove présente ici ou là.
A Okiato, qui fut la première capitale de Nouvelle-Zelande (de 1840 à 1841 avant que le siège du gouvernement ne soit transféré à Auckland à l'epoque), nous avons pris un ferry pour la brève traversée d'un bras de mer et avons débarqué à Opua.
De là, nous avons gagné Kawakawa, où Olivier voulait voir les toilettes publiques, mais pas n'importe lesquelles. Elles sont l'œuvre de Friedensreich Hundertwasser (1928-2000), artiste autrichien qu'il affectionne et qui avait une ferme à proximité et est enterré là. Ce sont sans doute les toilettes publiques les plus photographiées au monde !
Kerikeri, une petite ville commerçante animée, nous a servi de base logistique (achat au New World, passage par la dump station, arrêt internet à la bibliothèque, etc).
Notre étape ultime a été, à 19 heures, le Tauranga Bay Holiday Park, un campement qui donne, comme son nom l'indique, sur la baie de Tauranga, et qui est remarquablement bien situé au bord d'une belle plage de sable fin, délimitée à gauche par des falaises et à droite par une pointe rocheuse qui se prolonge dans la mer par un chapelet d'îlots. Notre motorhome fait face à la plage, laquelle n'est parcourue que par de rares promeneurs et fréquentée par quelques pêcheurs à la ligne qui semblent surtout tuer le temps. Ils n'ont même pas de panier pour mettre leurs prises éventuelles et je n'en ai vu d'ailleurs aucun prendre un poisson !
Nous étions dans l'eau quelques minutes après notre arrivée, quand un campeur nous a interpellés et a semé le doute dans notre esprit. Un requin aurait été signalé dans le secteur... Une confusion avec un dauphin n'est pas exclue, mais dans le doute, nous avons un peu abrégé notre bain... et continué à profiter du coucher de soleil...
Nous étions dans l'eau quelques minutes après notre arrivée, quand un campeur nous a interpellés et a semé le doute dans notre esprit. Un requin aurait été signalé dans le secteur... Une confusion avec un dauphin n'est pas exclue, mais dans le doute, nous avons un peu abrégé notre bain... et continué à profiter du coucher de soleil...
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