Pour cette deuxième journée, nous sommes allés à pied nous promener dans les jardins botaniques royaux (Royal botanic gardens). Ils existent depuis 1816 et fêtent cette année leur 200ème anniversaire. C'est un petit paradis pour les amoureux de la nature, les photographes et tous ceux qui recherchent tout simplement un peu de calme, loin des tracas et du bruit de la ville, alors même que les gratte-ciel ferment souvent l'horizon.
C'est aussi un lieu qui offre quelques-unes des plus belles vues sur le port de Sydney, l’Opéra et Harbour Bridge. Les 30 hectares de jardins abritent plus d’un million de spécimens, dont certains ont été plantés à leur arrivée par les colons. Nous avons suivi la promenade qui longe la mer entre le banc de pierre de Lady Macquarie, épouse du gouverneur qui exerça son mandat de 1810 à 1821, Lachlan Macquarie, et l'Opera, via les jardins. Elle est très prisée par les joggeurs.
Nous sommes allés au pied de l'Opera. Son architecture est complexe. Sa conception imaginative à l’allure de voiles naviguant dans le port de Sydney est issue d’un concours international, remporté en 1956 par l’architecte danois Joern Utzon (1918 - 2008). A cause des coûts supplémentaires durant sa construction et d'une controverse politique, Utzon démissionna en 1966 et fit le serment de ne plus jamais revenir à Sydney. L’Opéra fut finalement terminé par les architectes Peter Hall, David Littlemore et Lionel Todd en 1973, totalisant un coût de plus de 100 millions de dollars. Il fait partie, depuis 2007, des trois sites culturels australiens inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco (les deux autres étant les sites de bagnes australiens – disséminés en New South Wales, Western Australia et Tasmanie, le Palais royal des expositions et les jardins Carlton, à Melbourne).
Retour vers Circular Quay
L'après-midi, nous avons exploré les Rocks, le plus ancien quartier de Sydney situé sur le côté ouest de Sydney Cove, là où la ville fut officiellement fondée par le capitaine Arthur Phillip en 1788. C'est un quartier pittoresque avec ses vieilles maisons plus ou moins restaurées, son lacis de ruelles, à quelques minutes de Circular Quay. Il a été sauvé dans les années 1970 des appétits des promoteurs immobiliers par les habitants eux-mêmes, des ouvriers très modestes, soutenus par leurs syndicats. Les premiers bâtiments étaient en grès. À l'origine, The Rocks était fréquenté par les marins et les prostituées, puis à la fin des années 1800 par des gangs. The Rocks est maintenant un lieu touristique, connu pour son marché qui est ouvert toutes les fins de semaine, pour ses pubs, ses galeries et ses magasins de souvenirs. Le plus insolite est qu'il y a chaque jour, un grand paquebot de croisière accosté au quai des Rocks.
The Rocks Discovery Museum évoque le combat des habitants pour sauver leur quartier et le replace dans l'ensemble de son histoire, de l’époque pré-coloniale à nos jours. Le bâtiment, constitué à partir de plusieurs maisons des années 1850, abrite sur deux niveaux une collection unique d’images et d’objets archéologiques découverts au cours des fouilles ou du temps. Un montage retrace de façon très synthétique et très pédagogique, l'histoire de la colonisation dans le monde à travers les âges, en prenant comme point de départ la prise de possession par les Portugais de Madère en 1419, puis des Açores en 1424. Espagnols et Portugais se partagèrent le monde par le traité de Tordesillas (en Castille) de 1494 et, après la conquête du Portugal par l'Espagne, Madrid a possédé... le monde à la fin du XVIème siècle. Le traité de Tordesillas devint réellement caduc lorsque les autres puissances (la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni) disposèrent d'une flotte navale suffisante pour braver l'interdit hispano-portugais.


















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