Nous nous sommes encore levés de bon matin (pour des retraités, 7 heures du matin, c'est tôt !), pour partir une heure plus tard, en ayant fait, en plus des préparatifs habituels (douche, petit-déjeuner, rangement de l'habitacle pour éviter tout déplacement intempestif d'objets en roulant), les vidanges et le recomplètement en eau, tâches sans doute ingrates, mais qui font partie intégrante de vacances en camping-car, au même titre que le plein de diesel ou le changement de la bonbonne de gaz.
Nous avons passé la journée... en mer. Nous avons rejoint la base de Kahu Kayaks à Marahau, une des sociétés spécialisées dans la location de kayaks et l'organisation de sorties en mer qui se sont multipliées ces dernières années. En saison, le nombre de "kayakeurs" peut atteindre, pour une seule journée, plus de 1 000, voire 1 500 !
Munis d'un gilet de sauvetage, d'un sac étanche et d'un coupe-vent imperméable, nous avons rejoint en minibus "l'embarcadère". A marée basse, ce n'est qu'une vaste étendue de sable humide. Nous avons assisté à un ballet inédit de tracteurs amphibis qui entrent dans l'eau avec l'attelage sur lequel est posé un bateau avec ses passagers et/ou son chargement de kayaks, et qui le mettent à l'eau le plus simplement du monde en marche arrière. Une logistique apparemment bien huilée ! Nous-mêmes avons pris place dans une vedette rapide avec seize autres passagers, un accompagnateur et un pilote.
Le bateau a longé pendant une heure, en direction du nord, la côte rocheuse très découpée et jalonnée de petites criques du Parc national Abel Tasman. Il surfait véritablement sur les vagues par un ciel couvert, mais sans pluie. Les embruns générés par sa vitesse suffisaient à arroser ponctuellement les passagers installés à l'arrière.
Nous avons ainsi rejoint la baie d'Onetahuti, après avoir déposé sur une plage intermédiaire, quelques passagers marcheurs. Nous avons alors formé deux groupes de six rameurs à raison de deux par kayak, accompagnés chacun d'un animateur, un nommé Jay pour ce qui nous concerne.
Dans un premier temps, nous avons exploré le cap situé au nord de la baie. Il est peuplé d'otaries. C'était la première fois que nous les observions depuis leur élément marin ! Il paraît que certaines n'hésitent pas à s'inviter sur les kayaks !
Mettant cap au sud à travers la Réserve marine de l'île Tonga, une petite île qui fait face à Onetahuti, nous avons pu admirer la côte rocheuse et très boisée et observer le lent travail d'érosion des vagues et du vent sur les rochers. Nous avons fait la pause déjeuner d'une heure, sur une des nombreuses petites plages de sable qui jalonnent la côte, Mosquito Bay. Elle a été doublement appréciée : elle était la bienvenue après plus de deux heures d'effort physique et le ciel bleu était de la partie.
Une longue route maritime nous séparait de notre objectif final, Anchorage Bay. Nous avons fait de brèves pauses pour se reposer dans des criques verdoyantes à l'eau émeraude, ou voir des raies onduler sous nos kayaks, mais la dernière ligne droite (de cinq kilomètres ?) à travers Anchorage Bay, avec vent contraire, m'a semblé interminable et c'est avec soulagement, je l'avoue, que j'ai posé pied à terre vers 16 heures avant de réembarquer sur une vedette pour regagner Marahau... Quitter les vêtements humides et se doucher ont été de réels petits bonheurs façon Delerm.
Pas question de se lancer à 17 heures après une journée de kayak de mer pour une étape routière longue ! Nous avons limité nos ambitions à la ville voisine Motueka. Après un arrêt alimentaire au Countdown local, nous nous sommes installés sans aller plus loin sur un emplacement du camping mis à la disposition de tous gratuitement par la ville en bord de mer, et bien équipé (table, bancs, toilettes, accès à l'eau, poubelles).
Rarement bière aura été savourée avec autant de plaisir que ce soir. Le saumon aux petits légumes préparé par Olivier dans un dernier sursaut d'énergie et accompagné d'un Merlot Cabernet Sauvignon 2011 Mill Road de Hawkes Bay, nous a redonné un peu de force, mais inutile de dire que de sérieuses douleurs musculaires se font sentir dans les bras ce soir... Pour autant, nous sommes enthousiasmés par notre journée. On n'a rien sans rien !
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