L'absence de pluie nous a permis, ce matin, de profiter un peu de l'environnement floral de notre campement très soigné, varié et coloré. Il fait la part belle aux agapanthes bleues très répandues dans la région.
Nous avons commencé la journée par un petit détour de quelques kilomètres pour voir l'épave rongée par la rouille et colonisée par des dizaines, voire des centaines de milliers de petites moules, d'un vapeur, le S.S. Lawrence, qui s'est échoué là en 1891. Il n'en reste vraiment pas grand chose, le châssis de la coque et, un peu plus loin, les restes de la chaudière.
Nous avons pris la direction de Karamea, à une bonne cinquantaine de kilomètres au nord de Mokihinui. La route est d'abord sinueuse, tant qu'elle épouse la côte rocheuse. Elle devient rectiligne ensuite, quand elle traverse une vaste plaine, vouée aux cultures fourragères et à l'élevage bovin. Elle est peu fréquentée car elle se termine en cul-de-sac et elle est par conséquent à l'écart des grands circuits touristiques.
Karamea qui affiche fièrement 535 habitants, est une bourgade très étalée. Nous l'avons traversé sans nous y arrêter pour nous rendre, 25 km plus au nord-est, dans l'Oparara Basin. La route au départ est une route de campagne bien goudronnée. Mais les treize derniers kilomètres sont une gravel road. Le parcours est particulièrement éprouvant, d'abord pour les amortisseurs des véhicules, ensuite pour leurs occupants en raison des soubresauts incessants desdits véhicules, enfin et surtout pour les conducteurs car la piste est sinueuse et étroite, sans aucune visibilité et semée d'embûches. Un véhicule peut surgir à tout moment en sens inverse, au milieu ou au sortir d'un virage, et un coup de frein trop brutal peut être fatal.
Mais le jeu en vaut la chandelle. La témérité est récompensée. Le site que les autorités néo-zélandaises ont décidé de mettre en valeur au début des années 2000 seulement, abrite de spectaculaires formations calcaires de type karstique.
Les itinéraires sont tracé dans la forêt toujours très dense, dominée une fois de plus par les fougères arborescentes. Les rivières ont une couleur surprenante, comme d'autres dans la région et
comme l'eau courante au campement d'hier. La couleur est celle d'un thé qui
a longtemps infusé. Pourtant elle est pure et consommable. L'eau de
source et l'eau de pluie en pénétrant dans le sol sont filtrées par les
feuilles de hêtres en décomposition, riches en tannin. Ce sont elles qui
donnent cette surprenante couleur, qui contraste avec les différentes
nuances de vert de la végétation.
Un premier itinéraire, donne accès à une cavité-tunnel, Oparara Arch, de 200 mètres de long, 49 de large et 37 de haut, creusé dans le calcaire par la rivière. C'est grandiose. Un deuxième itinéraire mène à une autre cavité-tunnel, Moria Gate, moins long, mais tout aussi impressionnant.
Nous n'avions pas d'autre solution que de rebrousser chemin et de refaire en sens inverse le chemin parcouru ce matin et une partie de celui d'hier. Notre espoir de voir les "Pancake Rocks" dans d'autres conditions climatiques, a été douché au sens propre du terme. Une pluie diluvienne s'est mise à tomber, alors que nous suivions la côte, nous obligeant à renoncer à notre projet de randonnée côtière de la fin d'après-midi.
Nous avons rejoint un camp, situé en bord de mer, à Rapahoe, au nord de Greymouth, et nous sommes calfeutrés dans notre motorhome en attendant l'amélioration que nous promettent les prévisions météorologiques à partir de demain matin...
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